Revalorisation des retraites agricoles

Article du Petit Ambertois / Avril 2017

Le jeudi 2 février 2017, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité la proposition de revalorisation des retraites agricoles à hauteur de 85% du SMIC pour une carrière complète (au lieu de 75 %), financée par une taxe sur les transactions financière, portée par André Chassaigne et le groupe GDR qu’il préside.

Cette proposition avait été adoptée, à l’unanimité toujours, le 25 janvier par la commission des Affaires sociales. Elle devra encore faire le va-et-vient de circonstance avec le Sénat après les élections et la reprise du travail parlementaire mais son adoption est bien engagée à la suite de ce premier vote unanime.

Alors que certains mettent en cause le travail des parlementaires en général et celui des parlementaires communistes et associés en particulier, élections obligent, c’est l’occasion de revenir sur la méthode de notre député et des forces vives qui l’entourent.

André Chassaigne fait partie de l’infime minorité des parlementaires qui travaillent leurs propositions et amendements au contact des personnes concernées pour les porter jusqu’au bout malgré la position minoritaire de son groupe. Les sujets abordés mobilisent les instances du PCF, notamment dans notre circonscription les sections d’Ambert, Thiers, Courpière, Puy Guillaume et Billom, afin de créer une attention particulière sur le sujet, une dynamique et un débat. En parallèle, le député organise sur le terrain, dans ses permanences et à Paris, des rencontres avec les personnes concernées par le sujet et leurs divers représentants (syndicats, responsables d’associations, porte-paroles etc.). Pour ce faire, il s’appuie sur son suppléant, son équipe parlementaire, des élus concernés et les réseaux militants : organisation des rencontres et de débats, analyse des textes existants, des souhaits des personnes concernées, mobilisation de soutiens, communication et explication des enjeux. Du terrain jusqu’au Conseil d’Etat, des préoccupations des gens jusqu’au vote de l’Assemblée, les propositions sont co-élaborées avec les citoyens et portées aux votes. Un travail pied à pied, qui, entre autres, mobilise les collaborateurs parlementaires au quotidien afin que la démarche aboutisse.

A l’heure où certains tentent de justifier ce que font ces acteurs de l’ombre que sont les collaborateurs, il est bien moins difficile de le faire quand le député élu est actif à sa tâche : représenter les citoyens et porter leurs préoccupations dans l’hémicycle, ce pourquoi il est élu.

Quand la méfiance se fait grande à l’égard des élu-e-s sur leur travail réel ou supposé, et que certains tentent de faire passer les démarches à contre-courant comme utopistes et vaines, nous avons là un exemple qui contredit et balaye les préjugés. C’est aussi une démarche qui contredit les logiques représentatives à l’assemblée. En effet, il pourrait être tentant, une fois élu, de se laisser porter par le jeu des équilibres parlementaires jusqu’aux prochaines élections en accompagnant le mouvement ; de se dire qu’il est vain de faire des propositions quand on dépend d’un groupe minoritaire de l’opposition et par conséquent plus utile d’utiliser le mandat pour profiter de l’éclairage médiatique qu’il apporte. A ce propos, on peut se référer à l’excellent site www.nosdeputes.fr créé par des citoyens vigilants qui mettent à disposition le travail de chaque député ainsi qu’une synthèse de leur participation à l’Assemblée.

On sera, au mieux, amusé de voir que M. Wauquiez, prônant l’exemplarité des élus de la Région en termes de travail et d’abandon d’une partie de leurs indemnités, ne brille pas par sa présence et sa participation au travail parlementaire…

La question, sous cet angle, n’est en fait pas tant de savoir de combien bénéficient les parlementaires au service du bien commun en termes de moyens mis à disposition, mais à quoi et comment ils l’emploient : missions confiées par les électeurs ou auto-promotion politique ?

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