Sanofi reste à Vertolaye « une victoire qu’on doit aux salariés qui se sont mobilisés »

Article paru dans la Montagne, le 05/05/2017

Sanofi reste à Vertolaye
André Chassaigne : « C’est une victoire qu’on doit aux salariés qui se sont mobilisés »

Député de la circonscription, André Chassaigne s’est mobilisé aux côtés des salariés de Sanofi pour sauver le site de Vertolaye.
« C’est un immense sujet de satisfaction », a indiqué le député André Chassaigne après avoir appris le maintien du site de Sanofi à Vertolaye.

C’est vraiment le résultat d’une action collective qu’on doit à la mobilisation des salariés.

Pour l’élu communiste, « c’est une victoire qu’on doit aux salariés qui se sont mobilisés de façon réfléchie et qui ont mis en œuvre une stratégie pour élargir le problème. J’ai beaucoup travaillé avec eux au niveau parlementaire, on a traité le sujet en réunion de la commission des affaires économiques, on a rencontré les salariés, on est allés au ministère de l’Industrie ensemble… C’est vraiment le résultat d’une action collective qu’on doit à la mobilisation des salariés. Sans ça, on n’aurait pas eu ce résultat. Je suis confiant pour la suite car la première question que j’ai posée était sur le maintien de l’emploi et Philippe Luscan, directeur industriel de Sanofi France, m’a confirmé qu’il n’y aurait pas de suppression d’emploi mais que leur volonté était, et c’est logique dans leur discours de chefs d’entreprise, d’améliorer les procédés et la performance. Tout en étant attentif à la suite, je suis satisfait et confiant ».

Propos recueillis par Maud Turcan

 

***

Dossier Sanofi paru dans « le petit ambertois » (version papier) du mois d’avril.

SANOFI : Face aux annonces inquiétantes de la direction, l’urgence de la mobilisation

L’usine Sanofi à Vertolaye est le véritable poumon économique du Livradois-Forez et de la vallée de la Dore. Son avenir dépend de la stratégie mise en place au sein de cette multinationale sur les marchés mondiaux : soit la direction du groupe privilégiera des productions de molécules et de médicaments pour répondre aux besoins sanitaires des populations mondiales, soit elle poursuivra la financiarisation actuelle en supprimant des centaines d’emplois pour satisfaire l’appétit irraisonné de ses actionnaires.

Or, l’annonce d’un projet de création d’une entité économique autonome de fabrication de principes actifs destinés à des laboratoires tiers (autres que Sanofi) fait craindre des restructurations qui pourraient impacter l’usine de Vertolaye.

En effet, sur les 6 sites actuels dédiés à ce type de productions, seulement ceux fabriquant essentiellement des principes actifs destinés à Sanofi resteraient intégrés au groupe. Quant aux sites de Vertolaye et d’Elbeuf, dont l’activité est essentiellement centrée sur des productions destinées à des laboratoires tiers, ils sont sous la menace d’une vente à la découpe.

Alors que plus de 800 salariés travaillent à Vertolaye, l’intersyndicale a interpellé les élus du territoire à l’occasion d’une réunion d’information à laquelle près de 150 salariés et élus ont participé le 5 décembre dernier à Vertolaye. Cette initiative témoigne de l’inquiétude qui grandit chez les salariés et la population du Livradois-Forez. Certes, la direction prétend que la création de cette entité autonome a pour objectif de « conforter » le site de Vertolaye, mais les salariés, unis au sein de l’intersyndicale, estiment que cette séparation d’activités représente un risque majeur pour l’usine du Livradois-Forez.

Après la réunion du 5 décembre, un sentiment de malaise s’est emparé des élus et des salariés. Comment ne pas être rebuté par les arguments de la direction qui prétend que la production de principes actifs pour des tiers n’est pas assez rentable, alors que le groupe a réalisé un bénéfice net de 6 milliards d’euros, somme colossale sur laquelle seront prélevés plus de 3 milliards pour les actionnaires ? Sans oublier qu’à cette situation florissante s’accompagnent des cadeaux fiscaux accordés par le gouvernement, notamment par des crédits d’impôts qui s’élèvent à 144 millions d’euros pour la seule année 2015.

Cette politique financière à court terme est socialement et économiquement dévastatrice. Le désengagement massif dans la recherche et le développement doit cesser car il a des conséquences catastrophiques sur les productions industrielles en France. Les restructurations en cours et les activités à vendre menacent près de 5 000 emplois selon l’intersyndicale.

Cette politique de court terme met en péril des pans entiers de l’activité du groupe, telles que les expertises scientifiques et industrielles, les synergies entre activités et la péréquation qui permet aux secteurs d’activités moins performants d’être compensés par les plus rentables. Par ailleurs, au-delà de l’emploi sacrifié, c’est le droit à la santé qui est directement menacé par la stratégie du groupe.

Les salariés ont bien compris l’enjeu qui consiste à informer largement la population et les élus dans l’entreprise et hors de l’entreprise. C’est cette volonté de rassembler qui explique le succès de la dernière réunion qu’ils ont organisée à Marat le 1er avril et à laquelle plus de 100 personnes ont participé dont de nombreux élus locaux.
Eric DUBOURGNOUX
Député suppléant

André Chassaigne relaie la lutte des salariés à l’Assemblée nationale

Face à cette situation, l’urgence est de construire le rassemblement le plus large en donnant une priorité à l’action décidée par les salariés et en évitant les démarches isolées qui nous enfermeraient dans un tête-à-tête risqué avec les dirigeants du groupe. Dans le respect de cette démarche et conformément à ses engagements lors de la réunion du 5 décembre 2016, André Chassaigne a pris l’initiative que soient organisées deux tables rondes à l’Assemblée nationale.

Réunissant 6 députés concernés par des sites Sanofi et 13 représentants de l’intersyndicale du groupe (CFDT, CGT, FO, SUD) le 8 février, la première de ces tables rondes a permis d’échanger pour mieux préparer celle du 15 février, laquelle s’est déroulée au sein de la commission des affaires économiques sur « l’avenir de l’industrie du médicament en France », en présence notamment de Monsieur Philippe Lucan, président de Sanofi France et vice-président exécutif des affaires industrielles mondiales.

Les salariés ont alerté les députés concernés par les restructurations actuelles et futures, dont le but est de faire grossir les profits du groupe. Ils ont de nouveau exprimé leurs inquiétudes pour l’avenir des usines de Vertolaye et Elbeuf, rappelant que, depuis 2009, la politique de « ventes à la découpe » a conduit à la suppression de 6 200 emplois et à la fermeture de 15 sites. Ils ont dénoncé la volonté de Sanofi de se désengager du territoire français avec le risque de voir notre pays perdre son indépendance dans la production de médicaments.

Face à ce constat, durant la seconde table ronde, au sein de la commission des affaires économiques André Chassaigne a relayé la lutte des salariés et de leurs représentants. Ainsi, il a vivement interpellé la direction du groupe sur la situation économique et sociale de Sanofi et plus particulièrement sur le devenir du site de Vertolaye. (A visionner sur : http://www.andrechassaigne.org/Avenir-du-site-SANOFI-de-Vertolaye.html)

Lors d’une nouvelle rencontre entre les députés et l’intersyndicale, le 21 mars à l’Assemblée nationale, il a été décidé de poursuivre les actions communes, associant parlementaires et organisations syndicales, afin d’interpeller à nouveau la direction du groupe et d’impliquer les pouvoirs publics :

– Les députés concernés ont décidé d’exercer un droit de suite au nom de la commission des affaires économiques de l’Assemblée Nationale en demandant à la direction du groupe qu’elle précise ses intentions.

– Une délégation associant députés et intersyndicale rencontrera le 6 avril Christophe Sirugue, Secrétaire d’Etat chargé de l’industrie, pour évoquer la situation et l’alerter sur les conséquences industrielles des restructurations envisagées.

– André Chassaigne a aussi proposé la mise en place, dès l’ouverture de la prochaine session parlementaire, d’une commission d’enquête parlementaire. Elle sera chargée de faire toute la transparence sur le devenir du groupe Sanofi et de l’industrie pharmaceutique française.

 

Vigilance, vigilance !

« Nous devons nous adapter aux évolutions du marché pour être compétitifs et attractifs », a déclaré Nicolas Kressmann, chargé des relations presse chez Sanofi, avant de confirmer à nouveau « qu’il n’y aura aucun impact sur l’emploi quelle que soit la décision prise ». Mais de tels propos inspirent la méfiance chez les syndicats : « Sanofi se veut rassurant, mais depuis 2009, déjà 6 200 postes ont été supprimés suite aux restructurations.

Quand Sanofi vend un site, le contrat veut que l’activité soit maintenue pendant 5 ans, puis ensuite le repreneur licencie. C’est ce qui s’est passé pour l’entreprise de Porcheville ».

Dino Ciniéri, député LR… un petit tour et puis s’en va !

La commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale s’est réunie à l’initiative d’André Chassaigne, le 15 février 2017. Cette réunion était consacrée à « L’avenir de l’industrie du médicament en France », avec la participation de Philippe Luscan, président de Sanofi France.

Les participants ont assisté à l’apparition du député LR de la Loire, Dino Ciniéri, qui a précipitamment quitté la salle juste après son intervention, et sans attendre la réponse. Dommage, car son empressement à citer Mme Fougère a perturbé ses repères cartographiques au point d’entretenir une confusion fâcheuse. Ainsi, avons-nous bien entendu de sa part « que la direction souhaite se désengager de son activité à Thiers pour la vente de principes actifs à des laboratoires autres que ceux de Sanofi […] Le recentrage de son activité sur des produits à Thiers et à faible marge […] interpelle les salariés et les élus dont ma collègue Myriam Fougère, maire d’Ambert »

Une aussi grossière confusion prêterait à rire si elle ne témoignait pas d’une totale méconnaissance du sujet et d’un certain mépris pour les salariés. Il n’est guère flatteur de confondre la production de produits « tiers » avec la capitale de la coutellerie qui produit « Le Thiers ». Alors, un conseil d’ami à M. Ciniéri et Mme Fougère : au risque de provoquer quelques blessures avec la lame du couteau, mieux vaut affûter ses arguments !

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *