Accueil ERDF, guichet SNCF, hôpital : quand nos services publics sont saignés, certains élus se lamentent. Et pourtant…

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… ce sont eux qui ont aiguisé le couteau !

Si quelques bons vieux dictons populaires ont la vie dure, c’est sans doute parce qu’ils traduisent des comportements réels, bien que peu flatteurs. Qui n’a pas entendu dire « c’est souvent le pyromane qui alerte les pompiers » ou encore « c’est la poule qui chante qui a fait l’œuf ». Il semble que quelques élus locaux fassent de ces dictons leur ligne de conduite pour mieux masquer leurs responsabilités devant l’histoire. C’est une pratique bien connue dont ces mêmes élus sont des adeptes : rouler les gens dans la farine pour se refaire une virginité politique.

Depuis près de trente ans, au niveau local comme au niveau national, les élus et les militants communistes se sont clairement opposés et ont voté contre tous les traités européens qui, par étapes successives, ont progressivement démantelé et privatisé nos services publics dont la plupart sont pourtant issus du programme du Conseil national de la Résistance à la Libération, en 1946. Ainsi, dès 1986, nous avons été quasiment seuls à dénoncer l’acte unique européen qui a instauré la libre circulation des populations, des marchandises et des capitaux. Ce traité fut la première étape qui concrétisait la volonté politique des dirigeants européens de libéraliser sans limite l’économie européenne.

Le traité de Maastricht fut sans doute la bombe à retardement la plus meurtrière contre nos services publics (SNCF, EDF-GDF, La Poste et France Télécom). Or, tous les partis politiques de l’époque à droite (RPR et UDF, aujourd’hui devenus LR, MODEM, UDI) et à gauche (PS, PRG) ont appelé à ratifier ce traité à l’occasion du référendum le 20 septembre 1992, à la seule exception du Parti communiste français qui à l’époque fut traité de parti nationaliste et anti-européen, alors qu’il s’efforçait d’informer sur les conséquences prévisibles de ce traité, notamment pour les services publics en milieu rural. Il suffit de consulter les articles du « Petit Ambertois » de l’époque, pour constater que les communistes de l’arrondissement, sous l’impulsion d’André Chassaigne et Eric Dubourgnoux, avaient multiplié les débats et les interventions pour dénoncer le traité de Maastricht quand d’autres élus, à droite et malheureusement à gauche, encensaient le traité dans la foulée de leurs dirigeants nationaux. Au vu des conséquences désastreuses vécues aujourd’hui par l’ensemble des habitants du Livradois-Forez, l’humilité voudrait qu’ils fassent preuve d’un peu de pudeur et de modestie. Faut-il leur rappeler qu’en appelant à ratifier ce traité, ils ont aiguisé le couteau qui saigne les services publics qu’ils prétendent défendre aujourd’hui ?

Il est donc nécessaire de rappeler le contenu de ce traité concernant les services publics. L’article 129-b étant sans aucun doute le plus éclairant puisqu’il était écrit :

« La communauté européenne contribue au développement de réseaux transeuropéens dans les secteurs du transport, des télécommunications et de l’énergie… dans le cadre d’un système de marché ouvert où la concurrence est libre ».

La seule évocation des secteurs du transport, des télécommunications et de l’énergie n’était-elle pas le signe de la menace pour la SNCF, les Postes et Télécommunications

et EDF-GDF ? D’autant plus qu’il était clairement écrit que ces services publics emblématiques seraient désormais soumis à la loi du marché et de la concurrence. Dans ces conditions, il est assez cocasse de voir des élus locaux verser des larmes de crocodile sur le sort fait au guichet SNCF, à l’accueil d’ERDF, aux bureaux de poste ou encore à l’hôpital d’Ambert, alors qu’ils ont soutenu sans réserve ce traité.

Ces traités continuent de s’appliquer par étapes successives depuis leur ratification par les états membres de la communauté européenne. L’exemple d’EDF-GDF est en tout point éclairant. La casse progressive de ce service public livré à la concurrence, avec pour conséquences une dégradation continue du service et une hausse démesurée des tarifs, est une illustration des politiques qui découlent de ces traités mises en œuvre progressivement.

En effet, c’est en vertu de deux directives, adoptées en 1996 et en 1998 en application du traité de Maastricht et respectivement transposées en droit français les 10 février 2000 et 3 janvier 2003, que le statut public d’EDF-GDF a été transformé en société anonyme en 2004 et que le statut des électriciens et des gaziers a été remis en cause. C’est encore en vertu d’une directive de 2003, émanant toujours du traité de Maastricht que les gestionnaires du réseau de distribution ont été séparés avec d’un côté ERDF, et de l’autre GRDF fusionnant avec SUEZ et devenant de ce fait un concurrent d’ERDF. D’où le changement récent de nom d’ERDF en ENEDIS pour ne pas créer de confusion avec EDF et favoriser ainsi les nouveaux distributeurs entrant sur le marché.

Aujourd’hui, le démantèlement se poursuit avec la privatisation des centrales hydrauliques et la perspective d’une régionalisation de la distribution et par conséquent de la tarification.

C’est donc l’accès de tous à l’électricité dans les mêmes conditions et au même tarif qui est remis en cause. Contrairement aux affirmations mensongères des partisans de la privatisation, cette politique d’ouverture à la concurrence ne fait pas baisser les prix bien au contraire : depuis 2005, le tarif du gaz a augmenté de 63 % et celui de l’électricité de 30 %.

L’objectif de ces politiques libérales est de livrer les services publics à la concurrence pour faire grossir les profits des fournisseurs et des distributeurs, au détriment des usagers. Dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner que le guichet SNCF ou l’accueil ERDF soient menacés pour cause de rentabilité insuffisante. Aussi, n’est-il pas indécent qu’un élu local dénonce ces choix quand il s’adresse à ses électeurs dans son canton ou dans sa commune alors que lui-même ou les représentants de son parti les ont soutenus ou votés dans les assemblées où ils siègent ? Certes, la nécessité de faire grandir le rassemblement doit prendre le pas sur toute autre considération mais, en réponse à quelques polémiques peu respectueuses des positionnements et des votes passés, nous souhaitions relater ces périodes de l’histoire politique afin que chacun assume ses soutiens et ses votes.

A bon entendeur, salut !

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